Bienvenue sur le site de Chemins et Rencontres

 Botanique 

Lors de nos randonnées, nous découvrons des plantes que nous ne connaissons pas et que nous cherchons à identifier.
Notre but n’est pas de devenir des experts en botanique mais tout simplement, pour le plaisir, de mettre un nom sur une plante après l’avoir clairement reconnue à l’aide des photos et des notes prises pendant la randonnée.

 Récit de la dernière identifcation 

Il y a toujours quelques fleurs à voir en randonnée, mais en ce moment la saison est propice. Chaque pas peut nous amener à observer une nouvelle fleur! Alors le rythme ralenti !
Dimanche, en fin de parcours, entre THOIRY et VILLIERS le MAHIEUX, au bord d’un chemin entre des cultures, arrêt sur une fleur bleue.
Au premier coup d’œil, un peu lointain, la première idée, une pulmonaire ? De plus près, non (feuillage, couleur plus violacée) et puis ce n’est pas le terrain propice pour elle. Parmi nous, une experte en botanique (Lydie) pense à la vipérine. Cela me surprend, car la vipérine n’est pas agréable à cueillir.
Quelle est donc cette fleur ?
Après les recherches de Lydie, il s’agit de la BUGLOSSE des champs.
Originaire d’Europe ; pousse souvent au bord des cultures. Les feuilles sont couvertes de poils raides. La tige est pleine. Elle a une surface lisse, et elle est poilue. Les feuilles sont alternes. Leurs deux faces des feuilles sont poilues. Les fleurs sont regroupées en panicule. Les fleurs sont bleues, tirant vers le blanc au fond de la corolle. La plante ne dépasse guère 20 cm de hauteur.

Françoise DR



 En direct des ruches de Christian GN : un reportage dare-dare sur la vie de « frère Adam » l’abeille 


Je me présente… , j’appartiens à l’espèce APIS Méllifera, je suis une abeille domestique et je vis à ERAGNY.


Mon vrai nom est Frère ADAM !! comme celui du moine qui a créé ma variété dans une Abbaye en Angleterre au début du 20ème siècle.
J’ai la réputation d’être douce et productive, mais j’ai aussi mon petit caractère et il m’arrive aussi de piquer si l’on m’embête trop ………..
Voici ma photo prise par mon éleveur.



Je vis en compagnie d’autres variétés comme l’abeille noire, ou encore l’Italienne ou la Caucasienne qui habitent d’autres ruches, elles aussi très gentilles.
J’ai aussi près de 1000 autres « cousines sauvages » qui pour la plupart sont solitaires, c est à dire sans reine, et qui vivent partout en France, y compris à Eragny. Souvent elles font leur nid dans la terre de nos jardins. Comme mes cousines je me nourri du nectar et du pollen des fleurs que je vais butiner tout au long de la journée.
Quand je suis bien en forme je peux parcourir près de 800 km durant ma vie de butineuse, soit de 50 à 100 km par jour, cela veut dire que je peux faire quelques dizaines d’allers retours à la ruche et visiter plusieurs centaines de fleurs à chaque fois, n’empêche, pour faire un kg de miel je dois récolter 4 kg de nectar et à raison de 40 mg par vol … faites le calcul. Heureusement que nous sommes 10 à 15000 à faire le même boulot.
Mon rôle est très important dans la nature car je participe à la pollinisation de beaucoup d’espèces de plantes et de fruits.
Sans moi et mes cousines, les humains n’auraient plus ces fruits à disposition ou seraient comme en Chine par exemple, obligés de polliniser les arbres à la main avec des plumes.
En passant sur une fleur pour récupérer ma micro goutte de nectar, je colle les grains de pollen sur mes pattes et je les transporte sur une autre fleur pour la féconder. Aussi chaque année, grâce à moi les humains peuvent récolter les pommes, poires, cerises, prunes, etc … et les tomates, courgettes, melons entre autres dans leurs jardins. Ma famille représente 85% de la pollinisation à elle toute seule.
Comme je suis domestique, je vis dans une ruche et au sein d’une colonie, mais je peux aussi vivre dans la nature au creux d’un arbre ou dans le toit d’une maison ou une cheminée. Mais dans une ruche c’est plus confortable pour moi et plus facile pour mon éleveur pour me surveiller, me nourrir et me soigner s’il le faut.




Lorsque ma colonie est en pleine forme et qu’il y a plein de nectar à butiner dans la nature, au printemps par exemple, nous pouvons être jusqu’à 60000 avec mes sœurs, vivant dans la même ruche.
Je dois dire qu’à ce moment là, nous sommes un peu serrées, il faut alors que notre éleveur nous donne un peu de place supplémentaire, car souvent tous les cadres du corps de ruche sont remplis avec du miel et notre reine ne trouve plus de place pour pondre ses œufs.
Alors notre éleveur va nous rajouter ce qu’il appelle une hausse sur notre ruche ( voir photo plus haut). C’est en quelque sorte un grenier dans lequel il ya plein de cadres de cire avec des alvéoles vides prêtes à recevoir notre nectar.
S’il ne fait pas cela, notre reine va arrêter de pondre ou bien elle va décider de partir en emmenant avec elle plusieurs milliers d’abeilles. Du coup, nous ne serons plus assez nombreuses pour fabriquer du miel et notre éleveur ne sera pas content.
Il peut aussi arriver que le temps soit mauvais comme cette année, ou le gel tardif a détruit presque toutes les fleurs des arbres fruitiers, du coup nous n’avions plus rien à manger et une partie de notre colonie a été obligée de quitter notre ruche. Ce qui s’est aussi passé dans les ruches voisines.
Si notre reine décide de quitter la ruche, nous allons avec mes sœurs préparer sa remplaçante, une nouvelle reine.
Elles vont choisir une belle alvéole avec un œuf de moins de trois jours à l’intérieur et elles vont construire dessus une cellule royale.





La nouvelle reine issue d’un œuf identique à ceux des ouvrières sera nourrie exclusivement avec de la gelée royale, la chance… et au bout de seize jours, elle sortira de sa cellule pour aller se faire fécondée par les mâles.



Reine
La reine une fois fécondée, rentrera dans la ruche et se mettra à pondre.
Elle pourra pondre jusqu’à 2000 œufs par jour, car il faudra assurer le renouvellement de notre population et elle pourra vivre plusieurs années.
Nous, nous sommes nourries que trois jours avec de la gelée royale, ensuite ce sera un mélange de nectar et pollen, c’est bon quand même, mais nous n’aurons aucune chance de devenir reine, nous nous développerons dans une cellule normale d’où nous sortirons au bout de 21 jours.



ma naissance
Vivent avec nous aussi quelques centaines de « garçons », que les humains appellent les faux bourdons, il en faut bien !! C’est la nature, mais ils ne servent à rien dans la ruche, nous sommes obligées de les nourrir au moins au début, après ils se débrouillent. Leur seul boulot c’est de féconder les jeunes reines. C’est pourquoi nous les chassons de la ruche fin Août quand ils ne servent plus à rien.


faux-bourdon

Quand à moi ouvrière, dès que je nais, je travaille, je suis trop jeune encore pour sortir de la ruche, avant je vais exercer plusieurs métiers. Je vais d’abord être nettoyeuse, je vais faire le ménage de la maison pendant quelques jours, il faut qu’elle soit toujours nickel, ensuite, dès que j’ai 6 jours je vais m’occuper des bébés, je deviens nourrice, j’ai développé alors des glandes nourricières qui vont me permettre de fabriquer de la nourriture pour les élever.



Ouvrière
Je deviens de plus en plus grande et je prends des responsabilités, je deviens alors architecte et maçonne quand j’ai environ 15 jours, à ce moment là j’ai des glandes cirières bien développées qui me permettent de fabriquer la cire, ce sont des petites écailles que je mélange avec ma salive. Avec cette cire, je vais fabriquer ou réparer les cellules pour que notre reine puisse y pondre.



Maçonne
Quelques jours après, je prends encore des responsabilités, je deviens manutentionnaire, c’est moi maintenant qui accueille les butineuses qui arrivent du dehors chargées de nectar. Nous faisons alors du « bouche à bouche » !! ou plutôt du mandibules à mandibules ; elles me donnent le nectar qu’elles ont récolté et moi je le régurgite plusieurs fois de suite afin qu’il n’y ait plus que 18% d’eau dedans, j’y ajoute aussi au passage quelques enzymes qui permettent au nectar de devenir du miel. Les humains appellent cette opération compliquée, la Trophallaxie.



Manutentionnaire
Je travaille aussi le pollen que les butineuses ramènent, je lui ajoute un peu de miel, et j’en fais une pâte que je tasse dans les alvéoles, c’est notre réserve de nourriture.
Je peux être ensuite affectée aussi vers 18 jours à la climatisation de la ruche, je deviens alors une ventileuse, s’il fait trop chaud dehors je vais me placer avec mes sœurs à l’entrée de la ruche et battre mes aile à toute vitesse, cela va faire un courant d’air et permettre à la fois de refroidir notre maison et aussi de baisser le pourcentage d’eau du nectar. Je peux aussi être amenée à refroidir le couvain de bébé qui doit rester à 32° quelles que soient les conditions extérieures, s’il fait trop chaud je vais chercher de l’eau que je vais disperser et ventiler dessus.



Ventileuse
Je suis aussi gardienne, car il faut bien défendre la ruche contre les envahisseurs comme les insectes, guêpes ou frelons, contre certains mammifères, ou les oiseaux qui viennent nous picorer, comme la mésange. Et puis il ya aussi mes voisines qui quelquefois sont affamées, et veulent piller nos réserves, mais nous avons des moyens pour reconnaitre les étrangères, car toutes ont une sorte de « code-barre odorant » que nous inspectons.




Gardienne
Enfin après avoir fait tous ces métiers en trois semaines, la voie royale s’ouvre à moi, je sors enfin de la ruche et va pouvoir explorer la nature. Je deviens alors butineuse. D’abord je vais mémoriser l’environnement proche de la ruche et petit à petit je vais agrandir mon champ d’exploration et découvrir les endroits où il y a plein de fleurs à butiner.

<
Butineuse
Beaucoup de ces endroits sont déjà repérés par certaines exploratrices qui rentrent à la ruche pour nous les indiquer en dansant pour nous. C’est un langage secret, une danse en forme de huit, que les humains ont découvert et qui a même valu un prix nobel de physiologie et de médecine en 1973 à ses découvreurs.


Ainsi renseignée je vais pouvoir récolter le nectar des fleurs et leur pollen.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et ce sera pour celles de mes sœurs qui ont vécu au printemps et en été, le dernier métier exercé, elles iront rejoindre le paradis des abeilles après seulement quelques jours de ce dur, mais passionnant labeur.
Quant à moi qui suit née en automne, je vais rester auprès de ma reine jusqu’au printemps, je vais donc vivre presque six mois, je sortirai de temps en temps pour des besoins naturels, mais mon principal travail sera comme celui de mes sœurs, de maintenir les quelques bébés et la reine à une température supérieure à 30 degrés, même s’il gèle très fort dehors.
Pour cela, nous formons une grappe en nous serrant très fort les unes vers les autres et aussi en contractant nos muscles thoraciques pour produire de la chaleur.
Nous mangerons nos réserves petit à petit ainsi que la nourriture que notre gardien nous donnera.
Je terminerai aussi ma vie en allant butiner les premières fleurs du printemps. Mais c’est une autre histoire.
Une prochaine fois je vous parlerai des produits que nous fabriquons, le miel, la propolis, la cire, et de notre venin qui fait si mal, mais aussi tant de bien aux humains.

BEE APIS Christian GONIN


Chemins et Rencontres Maison des associations 13, allée du Stade 95610 Eragny sur Oise