VOYAGE EN CRETE (du 1er au 16 Sept)

Diaporama

le récit par Cathy et Michèle

COMME ULYSSE NOUS AVONS FAIT UN BEAU VOYAGE
(par Elisabeth : organisatrice du voyage)

Il y a cinq ans, quand j'ai regardé la terre crétoise s'éloigner sous les ailes de l'avion, je savais que j'y reviendrais. Et aujourd'hui 1er septembre, l'avion me ramène en Crète. Mais pas seule, nous sommes 16 randonneurs de notre association " Chemins et rencontres " d'Eragny s/Oise.
Sous une chaleur torride nous prenons nos minibus et filons vers le sud. En cours de route, nous nous arrêtons pour admirer les raisins dorés qui sèchent au soleil. Des viticulteurs nous offrent de superbes grappes noires et sucrées. Premier chaleureux accueil des Crétois et nous nous dirigeons vers Zaros à la recherche de ses eaux vives, du lac Botomou et de la végétation luxuriante qui l'entoure.
2 septembre :
Départ pour Moni Vrondisi où nous admirons les belles fresques du 14ème siècle et la fontaine vénitienne du 15ème représentant Adam et Eve. Puis direction de Moni Valsamonero ( que nous avons beaucoup de mal à trouver) L'église Agios Fanourios du 14ème méritait nos recherches avec en toile de fond le Mont Ida.
Avec regret nous ignorons Gortyne, mais notre voyage étant basé sur la civilisation minoenne, nous partons pour le palais de Phaïstos. Magnifique site minoen qui domine la plaine de Messara.
Nous aurions aimé flâner plus longtemps sur ce site, mais le thermomètre avoisine les 40° aussi faisons nous une halte rafraîchissante à Matala. Village typique mais très touristique.
Nous allons ensuite nous baigner à Kommos, mais sans trouver trace des tortues careta-careta parties sous d'autres cieux.
Agia Triada nous séduit par son site sauvage et moins fréquenté. Nous nous promenons librement dans les vestiges de cette villa royale. Nous demandons les clefs de la petite église byzantine Agios Georgios Galatas du 14ème siècle.
Nous reprenons la route pour Spili où nous arrivons à la nuit. Un restaurateur nous offre notre premier verre de raki. ( Je dis premier, car il sera suivi de beaucoup d'autres.)
3 septembre.
La gentillesse et l'amabilité des hôteliers nous fait oublier le manque de climatisation. Le fils de la maison, nous fait ouvrir les portes d'une très jolie petite église au dessus de la fontaine vénitienne aux 19 têtes de lion et nous emmène ensuite voir des chèvres crétoises " Les cri-cris " qui broutent une herbe rare dans ce milieu très minéral.
Nous reprenons nos véhicules pour visiter le village de Lambini et nous partons randonner dans les gorges de Patsos. On atteint la grotte d'Agios Andonios. Nous y pique-niquons et nous dirigeons vers Kato Moni Préveli et Piso Moni Préveli. Nous dominons le premier de la route ( magnifiques ruines ) et visitons le deuxième qui surplombe la mer de Lybie.
Nous laissons ensuite le pont vénitien et gagnons la piste pour rejoindre la plage de Prévéli. Le Mégalopotamos se jette ici dans la mer de Lybie, un vrai lagon.Bordée par les palmiers et les lauriers rose, la rivière est fraîche. L'endroit est idyllique pour se baigner et nous reprenons ensuite la piste poussiéreuse alors que le ciel s'embrase dans les couleurs du couchant.
Nous remontons sur Spili pour y passer notre deuxième nuit.
4 septembre.
Au moment du départ notre hôtelier nous offre des petits cadeaux, herbes aromatiques, savons à l'huile d'olives, piments séchés.
Très belle route jusqu'à Plakias. Court arrêt pour se baigner et visiter ce petit village. Il fait très lourd, l'orage menace. Pendant le pique-nique au dessus de la baie, sous les oliviers quelques gouttes hâtent notre départ et quelques kilomètres plus loin, le violent orage éclate, nous essayons un moment de poursuivre notre route, mais elle est devenue très dangereuse, des torrents de boue ocre dévalent de la montagne, passant même par dessus les ponts. Impressionnant. Nous préférons nous réfugier en bord de plage où nous attendons l'accalmie et nous arrivons enfin à Frangokastello. Dans la lumière du soir, les murs de la forteresse vénitienne sont teintés de rose. Sous le ciel encore tourmenté on s'attendrait à voir surgir les drosoulites. Un gai souper dans la taverne au bord de la mer termine cette journée.
5 septembre.
La température a chuté. Il fait 10° en haut des gorges d'Imbros. La pluie d'hier a laissé des écharpes de brume, mais le vent froid dégage très vite les nuages.
2 chauffeurs redescendent les bus à Komitadès et lorsqu'ils remontent en taxi, nous partons pour les gorges. Après cet été de canicule, la végétation est sèche, mais les odeurs des plantes aromatiques embaument cette randonnée.
Nous redescendons vers la mer pour nous baigner et reprenons la magnifique route qui nous amène à Hania.
6 septembre.
Hania. Toujours pleine de charme et de vie. C'est un vrai plaisir de parcourir ses ruelles, d'admirer ses palais vénitiens, d'acheter de l'huile, de savoureuses olives violette au marché typique et d'avoir l'optimisme de croire qu'en achetant les ingrédients pour faire un tzatziki chez soi, on retrouvera le goût de celui qu'on a mangé à Hania.
7 septembre.
Nous partons pour visiter l'Akrotiri et ses trois monastères. Nous nous arrêtons d'abord sur la tombe d'Eleftherios Vénizelos où l'office orthodoxe se termine dans la petite église. De magnifiques voix. Un instant privilégié.
Les trois monastères dans des styles différents sont aussi beaux et émouvants les uns que les autres. Agia Triada élégante et dorée, Moni Gouvernemento imposant, les vestiges Moni katholiko époustouflants au bord du gouffre au loin le bleu de la mer Egée. Nous pénétrons dans la grotte où une petite chapelle a été creusée dans le roc. En remontant nous visitons la grotte de l'ours et nous retournons ensuite sur Hania par la plage de Stavros.
8 septembre.
Nous laissons nos minibus à la garde des Ets Kydon ( nous en remercions Madame Ostertag) et nous partons à l'aube, à pied dans les rues désertes d'Hania pour prendre les bus qui nous descendront à Omalos, car aujourd'hui, c'est la Samaria. Nous partons pour deux jours.
Nous traversons un paysage très vert, recouvert de citronniers, d'orangers et d'oliviers. De beaux paysages tourmentés puis, après un dernier col, nous débouchons sur le plat d'Omalos
( nous ne sommes pas les seuls ) et c'est la randonnée qui commence dans ces gorges spectaculaires. Le " xiloskala ", l'escalier en bois nous attend et le groupe s'engage dans les gorges. Le départ est très pentu mais la descente est bien aménagée. J'avais annoncé une rando à travers les pins et les lauriers rose en fleurs. Si les pins et les lauriers sont toujours là, de fleurs point, la canicule est aussi passée par là. La descente de la Samaria est toujours un moment extraordinaire qu'il ne faut pas manquer. Quand nous arrivons aux sidéropotes, nous n'avons perdu personne en route et c'est avec grand plaisir que nous nous installons dans un Kafénion pour apprécier des boissons fraîches et échanger nos impressions.
A Agia Rouméli nous attendons le bateau qui nous amènera à Loutro où nous débarquerons pour passer la nuit à Phoenix à l'hôtel Likos Beach recommandé par Gérard Labonne (Président de Crète Terre de Rencontres) . Leur accueil chaleureux nous fera oublier nos fatigues, mais il faut gagner cet havre de paix ( après la descente de la Samaria). Quelques crispations dans le groupe pour les 3 kilomètres qui restent à faire nous empêchent de profiter pleinement de Loutro, mais ce sera chose faite le lendemain quand nous aurons eu une nuit réparatrice et une matinée agréable sur cette plage sauvage à l'abri des touristes.
Nous rembarquons en fin d'après midi pour Hora Sfakion et attendons les bus qui nous remonteront à Georgioupolis. Une altercation entre le chauffeur de bus et un passager nous oblige à changer de bus car la police a été alertée.
Ce soir nous logerons chez M. Koliakoudakis à Georgioupolis ( merci Gérard).
10 septembre.
Après une bonne baignade, départ pour Argiroupolis via Episcopi. Malheureusement, cet Episcopi n'est pas celui que je croyais. L'Episcopi que j'attendais se trouvait au sud de la presqu'île de Rodopou ! Mea culpa ! Mais Argiroupolis est bien le bon et nous arpentons ses jolies ruelles fleuries, nous rencontrons une sympathique Canadienne qui vend des produits cosmétiques à l'avocat et à l'huile d'olives.
Nous visitons les églises, nous sommes surpris des sarcophages d'enfants sur le seuil de ces églises, puis nous descendons vers l'importante nécropole. Un platane de plus de 2000 ans ombrage ce lieu.
Nous apprécions beaucoup ce village, avec ses sources, ses cascades et puis - et peut-être surtout - l'accueil d'Elevthéria dans la pension Zografakis, sa moussaka ( déjà vantée par Crète Terre de rencontres ) ses chaussons au fromage, ses beignets au miel et le chaleureux musée dont Elevthéria et son mari s'occupent avec amour.
Départ pour le lac de Kournas où quelques uns d'entre nous décident de souper dans une taverne au bord du lac, pendant que les autres goûteront aux douceurs préparées par nos logeurs à Georgioupolis.
11 septembre.
Départ pour la nécropole minoenne d'Arméni. Plus de 280 tombes creusées dans le roc. La présence de cette importante nécropole n'est pas encore élucidée. Puis Réthymnon, Réthymnon est toujours séduisante avec sa forteresse, sa mosquée, son port animé, ses ruelles grouillantes de vie, sa fontaine Rimondi. Le souper sur le port est incontournable. Nous couchons à l'extérieur de la ville, près de la plage, mais la mer est mauvaise et nous ne pouvons pas profiter de la baignade.
12 septembre.
Départ pour le monastère d'Arkadi. En restauration à l'heure actuelle, la magnifique façade est malheureusement peu visible. Le site est très émouvant par le souvenir de la tragédie qui s'y déroula le 9 novembre 1866. Lieu de pèlerinage, le monastère d'Arkadi est devenu monument national.
Ensuite nous nous dirigeons vers Eleftherna dont les fouilles sont en cours ( site fermé ) mais ce qu'on peut en apercevoir augure d'un site très important. Sur les collines qui surplombent ces fouilles, on peut admirer les impressionnantes citernes creusées dans la roche qui alimentaient la cité en eau potable. Une grande tour romaine domine la vallée, au milieu des cyprès et des rocailles.
Puis le joli village de Margaritès où nous nous arrêtons pour regarder les potiers tourner leurs poteries originales et naturellement en acheter.
Arrêt à Axos pour admirer l'église du 14ème et l'archeofilakas nous en ouvre gentiment les portes. Nous savons qu'au dessus du village il y a un site important à visiter, mais nous n'avons pas le temps de grimper la colline.
Nous nous arrêtons à Anogia. Village typique avec ses kafénions bondés, ses magnifiques tapisseries proposées avec amabilité. Le musée Skoulas nous attire. Nous admirons les peintures naïves de l'artiste et nous avons droit à un concert de lira par un descendant d'Alkibiades Skoulas.
Nous couchons ce soir à Arolithos. Village typique crétois reconstitué. Très bel endroit magnifiquement fleuri. 600 crétois y célèbrent des fiançailles dans les danses et les chants.
13 septembre.
Site minoen de Knossos, le plus vaste et le plus évocateur de toute la Grèce. On y découvre la puissance de la civilisation minoenne. Nous passons la matinée sur ce site. Site prestigieux et controversé mais qui montre le degré de raffinement de cette civilisation.
L'après-midi, nous allons visiter le magnifique musée archéologique d'Heraklion. Les salles 4 et 9 du musée attirent particulièrement notre attention, elles sont le reflet de ce que nous aurons tenté d'approcher dans ce voyage.
Est-ce un choix délibéré ou le manque de temps ? Nous restons peu de temps à Héraklion, le catamaran nous attend dès le lendemain matin pour l'île de Santorin.
14 et 15 septembre.
Fira, Pyrgos, oïa, Emperios, Imérovigli sont autant d'endroits d'une beauté saisissante, le plaisir des yeux. Nous ne pouvons visiter le site d'Akrotiri ( fermé le dimanche après-midi) mais nous avons la consolation d'aller au musée de Fira où les fresques ont été reconstituées.
16 septembre.
Envol pour Paris.
Je retournerai en Crète, car il reste tellement d'endroits à visiter, tellement de rencontres à faire, tant de succulents mets à goûter, tant de randonnées à découvrir dans cette belle nature. Peut-être en avril quand la Crète est en fleurs ?

Yia sass.