Crète, terre de rencontre.
Après avoir eu la déception de partir en Crète sans
nos amis Michèle et Jean, nous sommes arrivés à l'aéroport
d'Heraklion sans incident et aux horaires prévus ( chose rare).
Nous avons pris possession de notre voiture et en route pour Moklos, petit
paradis vanté par les rares touristes s'y aventurant et inconnu des
amateurs de foule et de bruit.
Notre premier raki ( qui sera suivi de beaucoup d'autres) offert dans une
taverne croulant sous les bougainvilliers et aussi notre première
greck salade nous replongent immédiatement dans l'atmosphère
crétoise.
Il faut vraiment mériter ce paradis car les 10 kilomètres
de route pour y arriver donneraient le tournis à un derviche-tourneur,
mais c'est vrai que c'est le paradis, en dehors des routes touristiques.
Nous faisons connaissance avec notre sympathique et dynamique logeuse, Anne
Lebrun, jeune botaniste belge qui par amour est restée vivre en Crète.
Quand on fit la connaissance de son mari, on comprit sa motivation
C'est Anne qui nous fera faire une rando botanique extraordinaire.
La maison que nous avons louée est nichée dans les oliviers
et les vignes. Nous prenons nos repas sur le balcon, face à la mer,
sous le concert des cigales.
Le village est ravissant. Quelques tavernes en bord de mer, des ruelles
abondamment fleuries et la minuscule île de Moklos sur laquelle se
trouve un site minoen ancien, car cette île était autrefois
rattachée à la terre.
Ce petit coin de Crète recèle des merveilles : la Panagia
I Kera, une des plus belles églises de l'île, par la qualité
des fresques exécutées entre le 13ème et le 15ème
siècle, le site de Lato, ville fondée au 6ème siècle
avant J.C. Nous avions des " a priori " pour visiter la ville
d'Agio Nilolaos craignant un tourisme tout crin, mais à cette époque
de l'année, le village est très agréable avec son lac
profond de 60 mètres. La légende dit que lors de l'éruption
de Santorin, les eaux du lac devinrent si chaudes que des centaines de poissons
se mirent à bondir désespérément à la
surface.
Nous ne quitterons pas la région sans avoir fait avec Anne Lebrun
notre rando botanique, vertigineuse, sportive, intéressante, où
dans un décor de maquis odorant mais agressif, nous avons pu admirer
des plantes endémiques, des arbres millénaires.
Nous repartons de Moklos avec le regret de n'avoir pu tout visiter, mais
nous savons que ce soir nous serons chez Nikos, notre bout du monde. Très
peu de tourisme, juste la culture de l'olivier. Nous couchons et soupons
le soir tout au bord de la mer et pouvons assister à des levers de
soleil somptueux ( certain se prolongeant plus que d'autres. N'est-ce pas
Mireille ?)
Nous refaisons la rando de la vallée des morts, rando dans les lauriers-rose,
les capriers, les érables, sous des nuées de libellules. Le
lendemain une rando à la grotte de Pélékita sur les
falaises en bord de mer et le soir Nikos nous offre une soirée crétoise.
Efkaristo Nikos.
Nous repartons de Zakros pour Zaros, bourgade de mi-montagne où l'eau
vive est abondante. Katerina notre hôtesse, dont nous avons fait la
connaissance l'année passée , s'est cassé la jambe,
donc nous devons souper à l'extérieur. Nous déjeunons
dans une taverne au bord du lac de Votomos et nous faisons la rando des
gorges de Rouvas. Rando ombragée par les pins sous les senteurs de
vanille des lauriers-rose.
Il paraît que dans le village de Plouti se trouve une taverne où
l'on déguste les escargots comme nul part ailleurs. Le village est
perdu dans la campagne. Est-ce un coupe-gorge ? Notre arrivée fait
sensation : Des touristes ? C'est fait comment ? mais après avoir
franchi le seuil de l'auberge, nous savons que les renseignements étaient
de première main et nous passons une soirée formidable.
Nous gagnons ensuite l'extrême nord-ouest de la Crète et nous
arrivons à Kastelli Kissamos. Encore très peu de touristes
à cette époque, mais les nombreuses constructions en cours
d'achèvement démontrent que ce calme n'est que momentané.
Profitons-en. Yannis notre logeur est entouré des conseils de toutes
les mamas du village, car il doit s'occuper d'un petit bout de chou de quelques
mois ( la maman travaillant loin du village). Au moindre cri du bébé,
trois femmes de noir vêtues se précipitent en un ensemble parfait
- touchant-.
Nous visitons le site antique de Polyrrhinia. Son acropole dominait toute
la région. Beaucoup de charme dans cette rando où nous ferons
connaissance avec deux Crétois qui déjeunent sous une tonnelle
devant leur atelier. Ils nous proposent un raki ( genre Destop amélioré).
Ils avaient visiblement fait honneur à leur production. Si nous avions
accepté, ils nous offraient tout le repas. Le mûrier devant
leur porte nous offrit quant à lui le dessert.
Nous retournons dans le sud pour que Mireille puisse admirer l'île
d'Elafonissi et le monastère Christoskalitissa. Nous remontons nous
baigner sur la très belle plage de Phalasarma et nous profitons d'un
coucher de soleil sur la mer Egée depuis la terrasse d'une auberge.
Nous prenons le bateau pour une mini-croisière sur l'Île de
Gramvoussa où nous visitons les ruines d'un château vénitien
construit au bord d'un rocher abrupt. L'ascension est pénible sous
le soleil, mais quand nous reprendrons le bateau, nous irons nous baigner
dans le lagon de Balos : sable blanc, mer émeraude. Un délice.
Notre périple se terminera dans le joli village de Bali où
nous prendrons un dernier bain avant l'envol pour Paris. Un voyage plein
de rencontres, de complicité et de découvertes. Un régal.
Elisabeth G.