TRANSHUMANCE AU CHAZELET

Entre la fin juin et la mi-juillet quinze randonneurs avaient choisi d'aller s'oxygéner à la montagne.
Le Chazelet cette année avait un visage un peu particulier : la neige étant encore présente début juin, les travaux n'avaient pas eu le temps d'être terminés avant la transhumance des touristes.
Bétonnières ? à vos marques…Partez…. Alors elles partaient les bétonnières accompagnées par les coups de marteaux des maçons qui retiraient les crépis des maisons pour laisser apparaître les ancestrales pierres… mais l'ennui c'est qu'elles partaient à 7 heures du matin !
Le clocher du village à qui on avait rendu son carillon égrenait joyeusement les heures et les demi-heures à partir de ….7 heures du matin ponctuant l'agitation des villageois. Concert bétonnière/carillon vous avez déjà essayé ? avec comme chefs d'orchestre les coqs du village…inoubliable, sans parler des enfants qui shootaient dans les portes des granges ( coupe du monde oblige).
Ces inconvénients dénotent un regain de vie dans le village et j'en suis très heureuse, le Chazelet restant quand même aussi mythique, véritable balcon sur la Meije.
Quel bonheur de retrouver ses paysages grandioses, ses pelouses émaillées de fleurs où se poursuivent de mutines marmottes. Mais nous sommes là pour marcher, ne l'oublions pas et nous avons le choix des randonnées plus ou moins physiques.
Alors une petite mise en jambes en descendant à la Grave, la descente nous offre le massif de la Meije en décor.
" pas la peine de prendre le temps d'admirer, vous verrez bien qu'à la remontée vous pourrez admirer très, très longtemps, pense l'habituée des lieux ".
Heureusement qu'une aimable épicière nous a proposé de remonter le ravitaillement jusqu'au village des Terrasses !
Des Terrasses au Chazelet, les victuailles et le liquide qui les accompagne dans le sac à dos, c'est du coup qu'on a tout le temps d'admirer le paysage et même de faire des poses techniques, juste pour prendre des photos ( mon œil). Bref la première mise en jambes pourrait s'appeler la première mise en soif.
Pendant que c'est la canicule à Paris, ici on oscille entre 20/23° avec même un 8° au petit matin.
Pas de quoi prendre sa serviette de bain ( n'est-ce pas Régis) pour le lac du Goléon où il fait très froid. Au retour la serviette est aussi sèche qu'à l'aller…
Nous sortons tous les jours : Les Clots par l'ardoisière, le lac du Pontet par Valfroide, les vallons de la Meije par chalvachère, le Plateau d'Emparis et les lacs Lérié et Noir, le col des Ruillans par le téléphérique et une autre mise en jambes pour la deuxième transhumance des Eragniens, La Grave et la remontée par la chapelle Notre Dame du Bon Repos juchée sur un rocher abrupt et dominant la vallée. Un banc est installé devant la chapelle… On se demande pourquoi.
Et toujours cette pelouse alpine, narcisses, anémones pulsatilles, gentianes acaules ou printanières, pensées, campanules thyrsoïdes, lys martagon sans oublier l'emblématique edelweiss. C'est un tapis odorant et multicolore. Une fois nous arrivons juste après la fuite des chamois. Ils nous laissent sur le chemin de superbes crottins encore tout chauds.
Le soir, nous nous réunissons pour souper dans l'un ou l'autre des gîtes. Un Murson aux pommes de terre, vous connaissez ? et le clou de nos agapes : une somptueuse fondue préparée par les cuisiniers en chef Régis et Mireille. Une soirée pas triste du tout.
Toujours un peu " cocorico " ( on a pris des leçons, voir plus haut) nous assistons aux matchs de la coupe du monde chez Odile et Jean Pierre.
Nous avons eu le plaisir d'avoir dans ce séjour 4 jeunes randonneurs : Elodie, Côme, Emilien, François, ils seront toujours les bienvenus dans nos sorties car ils sont super sympas.
Une surprise : Salomé, une villageoise possède un Grand-Duc électrocuté il y a plus de 50 ans. Il a été naturalisé les ailes ouvertes. On dirait qu'il vient de se poser sur la branche. Il est intact. Son envergure est impressionnante, son plumage d'une grande douceur.
Nous avons eu même droit à notre feu d'artifice personnel, avec nos propres artificiers : Côme, Elodie,
François et Daniel. Le froid ne découragea ni les artificiers, ni les spectateurs.
Merci à tous ceux qui m'ont accompagnée dans mes chères montagnes et particulièrement à Line et Dominique qui m'ont fait l'heureuse surprise de nous rejoindre.

Elisabeth G.

 


 

Autres sorties

Plus de photos
Randos
Ornithologie
Botanique