Le gui est une plante pleine de paradoxes.
Toxique mais utilisée dans la préparation de médicaments
Parasite mais considérée comme porte-bonheur.

A propos du gui (Viscum Album)

Le gui est une plante terriblement résistante mais à croissance lente. Verte été comme hiver, se développant en tous sens par une ramification en y, elle prend cette forme de boule qui peut atteindre la taille d'un mètre de diamètre et vivre jusqu'à 40 ans.
Le gui se reproduit et prolifère grâce aux oiseaux qu'il nourrit de ses baies blanches et translucides. Les merles, grives et autres fauvettes à tête noire, se régalent de la chair de ses baies, mais ne digérant pas la graine contenue, la rejettent au milieu de leurs fientes qu'ils déposent sur les arbres du voisinage.
La graine en germant, émet un suçoir qui transperce l'écorce, puisant par ce pont la sève de l'arbre vampirisé.
Le gui peut pourtant être considéré comme une plante semi parasitaire, l'échange pouvant aller, toutes proportions gardées, en faveur de l'arbre. Il peut en effet fabriquer sa propre nourriture par photosynthèse et, gardant ses feuilles toute l'année, procurer un apport relatif et ponctuel à l'arbre qui l'abrite. Ses arbres préférés sont le pommier et le peuplier (principalement le noir). On peut le voir sur d'autres espèces telles que le robinier ou le poirier, mais très rarement sur le chêne ou le châtaignier.
Certains chasseurs de grives ou tout simplement des enfants, se servaient de la matière gluante des baies pour piéger les oiseaux qui, une fois posés sur les branches soigneusement encollées, ne pouvaient plus s'envoler.

Croyances populaires :

Sa résistance et sa capacité à rester vert et à vivre même sur un arbre mourant, ont fait du gui un symbole d'éternité.
Depuis les temps anciens, le gui pensait-on, protégeait de la sorcellerie, immunisait contre les poisons ou assurait la fertilité.
Les Celtes lui attribuaient des pouvoirs magiques et le don de guérir certaines maladies. Les druides gaulois le célébraient au solstice d'hiver et dédiaient leurs offrandes au Dieu Teutatès (l'équivalent de Jupiter).
Le gui du chêne, très recherché puisque rare, faisait l'objet d'un cérémonial très précis. Deux taureaux blancs étaient attachés au pied du chêne, un druide montait dans l'arbre cueillir le gui à l'aide d'une serpe d'or, tandis qu'un autre le recueillait dans un linge blanc immaculé. L'offrande constituée par les taureaux, était partagée en 1/3 pour le Dieu, 1/3 pour les druides et 1/3 pour le donataire.
Le gui avait également une propriété pacifique. Deux ennemis se rencontrant sous un chêne à gui, se devaient de déposer les armes et de respecter une sorte de trêve.
Au Moyen-Âge, on accrochait du gui sur le pas des portes pour éloigner les esprits malfaisants. Certains le portaient en guise de talisman. En Angleterre, il était accroché au pied du lit des enfants malades.
De nos jours, ces croyances persistent mais les significations diffèrent un peu.
S'embrasser sous le gui à la fin de l'année est à présent une promesse de mariage pour les amoureux et un gage de prospérité et de santé pour tous les autres.

Alors continuons la " Guignolée "

" Au gui l'An Neuf ! " et Bonne Année 2006 à tous

Serge B.