L’envie d’un voyage en Crète a jailli fortement lors d’une rando  hivernale dans le Vexin,  Elisabeth G. a été très vivement sollicitée. Elle nous a donc concocté ce voyage de deux semaines pour début Septembre.

 

L’arrivée à Héraklion le 1er  Septembre nous a rappelé les meilleurs moments de la canicule. Heureusement nous sommes partis pour Zaros, village montagnard et havre de paix. En route, des paysans qui vendangeaient, nous ont offert de superbes grappes de raisin à déguster. A l’étape suivante, à Spili, l’hôtelier a consacré sa matinée à nous faire découvrir les alentours. C’était nos premiers contacts avec l’hospitalité crétoise.

Dès les premiers jours, nous avons découvert une île superbe, d’une végétation luxuriante, des vergers regorgeant de fruits, des nombreux troupeaux de moutons et de chèvres, des oliveraies immenses. Dans les villages hauts perchés de montagne, les habitants, toujours très accueillants, nous renseignaient  patiemment sur notre route, car nous nous sommes aussi beaucoup  perdus. Les indications de direction, rédigées en alphabet grec, étaient parfois des énigmes difficiles à résoudre.

 

L’arrêt pour la pause-café dans le petit village de Frati, au début de notre séjour  a été également un exercice ardu mais très amusant. Le choix pour les cafés grecs était très vaste : sucrés, un peu sucrés, sans lait, avec lait et sucrés…etc., heureusement, un canadien français passant ses vacances dans le village, nous a secourus ! 

Les visites des monastères orthodoxes toujours situés dans des sites exceptionnels, certains avec vue sur la mer de Libye, d’autres en pleine montagne, entourés de cyprès étaient  remarquables. Notre préférence fût pour celui d’Aghia  Triada, magnifique avec sa façade de colonnes et son portail d’influence vénitienne. Les petites églises byzantines, avec leur nef unique et leurs fresques, entourées de leurs jardins très fleuris, de bougainvillées, d’arbres fruitiers nous ont charmés.

 

Nous avons également découvert les centres médiévaux d’Hania (La Canée) et de Rethymnon, avec leurs ports et leurs phares vénitiens, les dédales de rues avec leurs quartiers ottomans, vénitiens, leurs fontaines, leurs loggias, leurs mosquées, leurs églises orthodoxes. Un soir, sur le port, nous avons dégusté des assiettes de poissons et de crustacés, accompagnées d’ouzo et de retsiné. Les restaurateurs, à la fin de nos repas nous offraient toujours le raki (eau de vie de raisin) et souvent un plateau de fruits en cadeau.

Nous nous sommes baignés dans une eau limpide, chaude avec des multitudes de poissons à quelques brasses du bord. Nous avons fait aussi en mini-bus, 5 kms de piste impressionnante en montagne, pour nous baigner sur une plage bordée de palmiers. Quel régal et que d’émotions !

 

Nous avons randonné dans les gorges d’Imbros et de la Samaria. La descente de la Samaria a un dénivelé de 1000  mètres environ, est longue de 18  kms. A sa sortie, le passage le plus étroit, les Portes de Fer, est large de 3 mètres. Cette gorge a été classée le plus beau site géographique d’Europe. Elle est protégée pour sa faune et sa flore. On y trouve une espèce rare de chèvres sauvages, le Kri-Kri. Ce fut une randonnée magnifique. Ensuite, nous avons embarqué pour Loutro, joli petit port uniquement accessible par voie de mer.

 

Elisabeth nous avait prévenus : il fallait parcourir 2,5 kms pour arriver à l’hôtel , c’était en montagne avec montées et descentes !! Nous sommes arrivés à la nuit tombante. Et quelle surprise, au petit matin, de découvrir cette baie sauvage et tranquille pour nous seuls.  Au retour de Loutro, dans le car nous ramenant à Hania, une violente dispute entre deux passagers assez éméchés a eu lieu, des insultes, des coups volaient. La nature violente des Crétois nous est alors apparue, de très très près  pour certains d’entre nous… Cela était impressionnant.

 

Nous avons visité Knossos , Phaïstos et le musée d’Hérakhlion pour approcher un peu la civilisation minoenne qui date de 2700 av. J.C. La Crète, à cette époque, a vécu une période florissante et avait un niveau de civilisation exceptionnelle dans tous les domaines : architecturaux, artistiques, agricoles. La construction des palais somptueux, le travail superbe des artisans potiers, le travail des orfèvres nous ont beaucoup impressionnés.

Nous avons découvert Anoya et Margaritès, grands centres d’artisanat de poterie, de tissage et de broderie. Notre avant-dernière étape nous a conduit à Arolithos, village reconstitué où nous attendaient 600 personnes, conviées à des fiançailles. Un orchestre les invitait pour des danses  villageoises  crétoises.

Nous nous sommes arrêtés, très peu de fois, dans des endroits où le tourisme intensif a fait de graves dégâts, malheureusement.

 

Hélas, notre voyage se terminait. Mais, heureusement il se poursuivait sur une autre île, tout à fait différente, Santorin, île volcanique.  Nous y avons découvert des plages de sable rouge, noir, des villages escarpés bleu et blanc. Fira (ex Théra) est une ville perchée sur une falaise rouge. Un funiculaire monte les visiteurs du port à la ville, autrement  ils  peuvent  monter  à  dos  d’ânes..  Nous y avons  visité l’exposition de la reconstitution des fresques d’Akrotiri (découvertes il y a à peine 30 ans) enfouies sous les cendres d’une irruption volcanique (1700ans av. J.C.).

Nous retiendrons de ce séjour la variété des paysages magnifiques, les couleurs intenses, les senteurs des herbes aromatiques dans la montagne, la luminosité automnale le soir et le matin, la beauté des couchers de soleil, la tranquillité des villages traversés, les grands-pères attablés aux terrasses des Kafenion, l’hospitalité, la gentillesse, l’accueil des Crétois.

Nous remercions Elisabeth, d’avoir fourni un travail de préparation exceptionnel afin de nous donner à tous la possibilité de réaliser ce superbe voyage.

 

                                                                                         Cathy  et  Michèle