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Depuis le Moyen Âge, le blanchissage s'effectuait sur les bords de la Seine, puis s'organisa en une véritable corporation, utilisant les premiers bateaux lavoirs, sortes de barges à fond plat. Ils s'installaient principalement sur la rive droite, mieux exposée. A la Révolution on en comptait plus de 80. Sous le Directoire, les premières blanchisseries industrielles apparurent, entre autres sur la plaine de Grenelle (les fameuses blanchisseries de Grenelle), et les permis d'installation des "bateaux à lessives" furent annulés par une ordonnance impériale. Les bateaux lavoirs se multiplièrent à nouveau sous la Restauration. On augmenta la capacité et le confort des installations pour concurrencer les blanchisseries. Ils devinrent de vrais cités flottantes ou le linge pouvait sécher dans la partie supérieure chauffée par des poêles, les lavandières travaillant au ras de l'eau, protégées de la pluie ou du soleil par les auvents. Au 19ème siècle, apparurent également des établissements de bains, sortes de piscines flottantes. Les derniers bateaux lavoirs disparurent vers 1937 et la dernière piscine (Deligny), coula il y a une dizaine d'années. LE "PORT AU BÛCHES" ET LES PORTS AUX BOIS FLOTTES Jusqu'au 18ème siècle, Paris se chauffait au bois. A partir du 16ème siècle, pour protéger les forêts d'Ile de France, on dut aller très loin chercher les bois à brûler. Les principaux consommateurs de bûches et fagots étaient les boulangers, pâtissiers et rôtisseurs. Le bois transporté par bateaux depuis la Brie, la Champagne et la Bourgogne, arrivait au Port aux bûches, dont la rue de la Bûcherie, ouverte dès le 13ème siècle, conserve le souvenir. En 1546, un forgeron, maître de forges à Château-Chinon, inventa le flottage du bois par trains, et ce nouveau type de transport s'organisa dès 1560. Le Port aux bûches se déplaça alors vers les Quais de la Tournelle, de la Rapée et de Bercy. Les trains de bûches (atteignant jusqu'à 70 mètres de longueur), une fois terminés, étaient lancés simultanément sur la rivière, pour profiter d'un flot suffisant, provoqué par l'ouverture des vannes du Barrage de Clamecy, point de départ des trains de bois. La conduite des trains de bois, périlleuse et difficile, était confiée à des flotteurs chevronnés, assistés de leur apprenti. Une dizaine de jours étaient nécessaires pour acheminer le bois du Morvan à Paris. Vers Maisons Alfort, un pilote était nécessaire pour l'arrivée sur Paris et l'accès aux ports de "déchirage". Là, l'attente pouvait durer plusieurs semaines, voir des mois. Une fois le bois livré au destinataire, les convoyeurs regagnaient le Morvan à pied. Quatre cents ans après, les derniers trains de
bois quittèrent la province de l'Ile Margaut à Clamecy en
1927 |