Jusqu'au 18ème siècle, Paris se chauffait au bois. A partir du 16ème siècle, pour protéger les forêts d'Ile de France, on dut aller très loin chercher les bois à brûler. Les principaux consommateurs de bûches et fagots étaient les boulangers, pâtissiers et rôtisseurs. Le bois transporté par bateaux depuis la Brie, la Champagne et la Bourgogne, arrivait au Port aux bûches, dont la rue de la Bûcherie, ouverte dès le 13ème siècle, conserve le souvenir. En 1546, un forgeron, maître de forges à Château-Chinon, inventa le flottage du bois par trains, et ce nouveau type de transport s'organisa dès 1560. Le Port aux bûches se déplaça alors vers les Quais de la Tournelle, de la Rapée et de Bercy. Les trains de bûches (atteignant jusqu'à 70 mètres de longueur), une fois terminés, étaient lancés simultanément sur la rivière, pour profiter d'un flot suffisant, provoqué par l'ouverture des vannes du Barrage de Clamecy, point de départ des trains de bois. La conduite des trains de bois, périlleuse et difficile, était confiée à des flotteurs chevronnés, assistés de leur apprenti. Une dizaine de jours étaient nécessaires pour acheminer le bois du Morvan à Paris. Vers Maisons Alfort, un pilote était nécessaire pour l'arrivée sur Paris et l'accès aux ports de "déchirage". Là, l'attente pouvait durer plusieurs semaines, voir des mois. Une fois le bois livré au destinataire, les convoyeurs regagnaient le Morvan à pied. Quatre cents ans après, les derniers trains de bois quittèrent
la province de l'Ile Margaut à Clamecy en 1927 |